Accueil / Discours / ALLOCUTION DU MINISTRE DES FORCES ARMEES A L’OCCASION DE LA CEREMONIE DE SORTIE DE LA 44e PROMOTION DE L’ECOLE NATIONALE DES OFFICIERS D’ACTIVE

-  Monsieur le Gouverneur de la Région de Thiès ;

  • Monsieur le Vice-amiral d’escadre, Chef d’état-major général des Armées ;
  • Monsieur le Général de division, Haut-Commandant de la Gendarmerie nationale et Directeur de la Justice militaire ;
  • Monsieur le Général de division, Inspecteur général des Forces armées ;
  • Monsieur le Général de division, Chef de l’Etat-major particulier du Président de la République,
  • Excellences, Mesdames et Messieurs les membres du Corps diplomatique ;
  • Messieurs les Officiers généraux ;
  • Monsieur le Colonel, Commandant la Zone militaire n° 7 ;
  • Monsieur le Colonel, Commandant la Légion de gendarmerie de Thiès ;
  • Messieurs les Attachés de défense ;
  • Monsieur le Colonel, commandant l’Ecole nationale des Officiers d’active ;
  • Mesdames, Messieurs les Officiers, sous-officiers et militaires du rang ;
  • Honorables invités ;
  • Mesdames, Messieurs.

C’est pour moi un insigne honneur de présider cette cérémonie de remise des épaulettes et de prestation de serment des officiers de la Promotion Sous-lieutenant Amadou DIALLO de l’Ecole nationale des officiers d’active (ENOA).

Ce rite solennel revêt une portée qui dépasse la simple fin d’un cycle de formation.

Il consacre, d’abord, l’accès de ces jeunes hommes et de ces jeunes femmes au rang d'officier.

Mais plus encore, il scelle leur entrée définitive dans la communauté de ceux qui ont choisi de dédier leur intelligence, leur énergie, et si nécessaire, leur vie au service exclusif de la Nation.

Tel est le sens profond de l’engagement qu’ils viennent tous de prendre. Un engagement sacré, qui par la force de leur serment, est gravé ici même, sur cette auguste Cour de la Devise.

En cela, les officiers se veulent les dignes héritiers de générations d’officiers qui ont marqué de leur empreinte indélébile, l’histoire et la vie de cette prestigieuse Ecole.

Le général de brigade (2S) Pape Samba KAMARA, ancien Keletigui, qui nous a quitté le 13 juillet 2026, est de ceux-là.

Je voudrais ici lui rendre un hommage appuyé, auquel j’associe tous les Jaambars disparus, dont les noms sont inscrits en lettres d’or dans les cases « Tradi » qui encadrent cette belle Cour de la Devise.

Je voudrais également féliciter chaleureusement le général de division Cheikhou Mouhamadou Lamine Boucounta CAMARA, dont le parcours exceptionnel lui a valu aujourd’hui cette reconnaissance d’illustre Jaambar et cette intégration au Temple de la Renommée de l’Ecole.

Mesdames, Messieurs

Distingués invités,

Voir se tenir devant nous les officiers de la 44ème promotion donne à mesurer tout le chemin parcouru par l’ENOA.

Sa création, au début des années 80, répondait à une vision et à une ambition claires : doter nos Forces armées d’une ressource humaine de qualité et garantir, à terme, notre pleine autonomie en matière de formation initiale des officiers.

Cette vocation n’a pas changé ; au contraire, elle s’est réaffirmée dans la vision du Président de la République et Chef suprême des Armées, son Excellence Monsieur Bassirou Diomaye Diakhar FAYE.

A notre Chef suprême des Armées, profitons de cette tribune, pour lui présenter nos admirations au nom des Forces Armées pour sa brillante élection à la Présidence en exercice de la CEDEAO.

En effet, le Chef de l’État accorde une priorité absolue à la formation de notre élite militaire, porté par cette forte conviction : l'instruction est le levier par excellence du professionnalisme ; elle est le garant de l'ancrage indéfectible de nos Forces armées dans les valeurs de la République.

Cette préparation rigoureuse de nos cadres demeure aussi notre plus sûr rempart face aux crises et aux soubresauts qui secouent notre sous-région et le monde.

En assurant la formation initiale des officiers, l’ENOA se place au cœur de ce dispositif stratégique. Le Commandant d’École l’a justement souligné : la contribution de cette prestigieuse institution à l’efficacité opérationnelle de nos forces ainsi qu’au rayonnement international de notre pays, est incontestable.

A cet égard, je salue la richesse et la diversité de cette promotion, qui illustrent magnifiquement la vocation panafricaine de l’ENOA.

Aux pays amis et frères ici représentés, qui nous honorent en nous confiant l’instruction de leurs cadres, je veux dire toute ma gratitude.

En partageant des valeurs communes au sein des Armées africaines, nous bâtissons une fraternité d’armes vivante qui transcende les frontières.

Nous apportons également notre pierre à l’édification de cette communauté de destin et de cette architecture collective de paix et de sécurité dont notre continent a tant besoin.

Amiral,

Mesdames et Messieurs

Sur les visages de ces sous-lieutenants se lisent aujourd’hui l’enthousiasme, la détermination et l’assurance. C’est là le reflet du parcours exigeant qu’ils ont accompli au cours de deux années d’intense formation.

Le Commandant d’école l’a rappelé : ils sont prêts ; prêts à embrasser le noble métier des Armes ; prêts à se montrer dignes d’entrer dans le corps prestigieux des officiers.

Issus de ce creuset de l’excellence militaire qu’est l’ENOA, ils en porteront le bracelet distinctif. Cet attribut sacré exige d’eux trois vertus absolues : droiture, intégrité et esprit de sacrifice.

Ces valeurs, ils les ont acquises au coeur  un modèle de formation, dont la devise de l’Ecole - Xel - Jom - Fit constitue le socle inébranlable.  Cet enseignement a un but précis : les armer intellectuellement, physiquement et moralement pour pouvoir d’emblée donner la pleine mesure de leur potentiel dès leur arrivée en unité.  

Voilà pourquoi l’amélioration constante de la qualité de cette formation n’est pas une option ; c’est un impératif.  

A cet égard, je n'ignore rien des défis que représente l’augmentation des effectifs, dictée par notre montée en puissance. Mais ma conviction est totale, et je sais que nous partageons, tous, une même exigence : jamais nous ne sacrifierons la qualité sur l'autel du nombre.

Pour cela, je sais pouvoir compter sur le Haut-commandement, en particulier le chef d’état-major général des Armées et la direction de l’Ecole.

Au Colonel Samba FALL, commandant de l’ENOA et à l’ensemble des cadres et instructeurs militaires et civils, j’adresse mes plus vifs encouragements et félicitations pour leur rigueur et leur dévouement.

Je sais qu’ils ont transmis à nos jeunes sous-lieutenants davantage que des connaissances ; Ils leur ont transmis un état d’esprit. Ils les ont préparés à exercer un métier où l’on ne demande jamais à ses subordonnés ce que l’on n’est pas soi-même prêt à accomplir.

Sous-lieutenants de la Promotion sous-lieutenant Amadou Diallo,

En ce moment qui restera gravé dans votre mémoire, vous devez pleinement prendre conscience de votre changement de statut.

A compter de cet instant, vous n’êtes plus seulement des élèves ayant satisfait aux exigences d’un cursus particulièrement sélectif. Vous devenez des officiers de la Nation.

Cette cérémonie n’est donc pas l’aboutissement d’un parcours ; elle en est juste le commencement.

Devenir officier ne consiste pas uniquement à recevoir un grade. C’est une manière d’être, c’est une discipline intérieure, c’est une exigence permanente.

Votre école vous a préparé à assumer cet état.

Vous y avez appris que le commandement commence toujours par la maîtrise de soi.

Vous avez découvert que la cohésion ne se décrète pas, mais qu’elle se construit, pas à pas, dans l’effort collectif.

Vous avez compris que la discipline n’est pas une contrainte ; elle est une force supérieure qui fait la grandeur du métier des Armes.

Ces préceptes, je vous exhorte, à vous en armer, en permanence. Ils seront votre boussole pour surmonter les défis qui vous attendent, dans le contexte sécuritaire agité de notre sous-région et de notre monde .

Regardons les choses en face. Tout laisse à penser que vous ferez une bonne partie de votre carrière dans un environnement complexe dans lequel :

  • les menaces sont plus diffuses,
  • la frontière entre paix et guerre se brouille chaque jour, un peu plus ;
  • l’adversaire ne porte toujours pas l’uniforme, manipule l’information, utilise les nouvelles technologies, instrumentalise les moindres fractures pour affaiblir la cohésion de nos sociétés et saper nos institutions.

Face à un tel chaos, nous avons plus que jamais besoin d’officiers imbus des valeurs cardinales d’exemplarité, d’intégrité, de loyauté et de désintéressement rappelées par votre commandant d’Ecole.

A sa suite, je voudrais vous adresser quelques recommandations :

Premièrement, ne cessez jamais d’apprendre. Votre formation initiale est certes achevée ; Votre formation d’officier ne le sera jamais.

Deuxièmement, prenez soin de vos hommes. Les équipements les plus performants ne remplaceront jamais la valeur d’une troupe motivée. Exigez beaucoup d’eux, c’est votre droit, mais exigez davantage de vous-même.

Troisièmement, cultivez votre intégrité. Retenez bien ceci : la compétence inspire l’admiration, l’intégrité, elle, inspire la confiance.

Enfin, gardez toujours chevillé au corps le sens de votre engagement : Servir. Toujours Servir. En tout temps, en tous lieux et en toutes circonstances, votre pays.

Vous faites vos premiers pas dans la carrière d’officier. C’est un corps exigeant.

Vous y trouverez des satisfactions immenses. Accueillez-les avec humilité.

Vous y connaîtrez aussi des épreuves, et l’adversité. Affrontez-les avec courage.

Les responsabilités seront lourdes, les choix parfois difficiles, les sacrifices réels. Erigez la résilience en ligne de conduite.

Mais, surtout, rappelez-vous une chose : il n’existe que peu de métiers offrant un sens aussi profond à l’existence que celui de consacrer sa vie à la sécurité de son peuple et à la défense de sa souveraineté.

L’exemple de cet engagement total, vous le trouverez chez votre parrain, le sous-lieutenant Amadou DIALLO. Disparu à la fleur d’âge, il ne vous a pas juste laissé un nom, il vous a laissé un héritage. Soyez en dignes.

Mesdames, Messieurs,

Je ne saurais conclure sans me tourner vers les tribunes. S'y tiennent des pères, des mères, des conjoints, parents et amis saisis par la fierté légitime de voir les leurs revêtir leurs premières épaulettes.

Aux familles ici présentes, j’adresse mes plus chaleureuses félicitations. Je veux leur dire, devant cette assemblée, que ce moment est aussi le leur car c’est leur soutien moral infaillible qui a porté nos jeunes camarades tout le long de leur cursus à l’Ecole.

Aux sous-lieutenants de la Promotion Sous-lieutenant Amadou Diallo, j’adresse, au nom du Président de la République, et en mon nom propre, des vœux sincères de succès et d’épanouissement dans une carrière, que je vous souhaite longue et riche.  

En quittant aujourd’hui l’Ecole, votre promotion entre aussi dans son histoire. Demain, partout où vous servirez, vous en serez les ambassadeurs.

Je forme donc le vœu que vos parcours renforcent le prestige de l’ENOA, et que chacun d’entre vous demeure fidèle au serment qui l’anime désormais : « Servir la patrie avec honneur et loyauté »

Je vous remercie de votre aimable attention

« On nous tue, On ne nous déshonore pas »

 

 

 

 

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