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DISCOURS DU MINISTRE DES FORCES ARMEES À L’OCCASION DE LA PRESENTATION DE L’AGENDA « FEMMES, PAIX ET SECURITE » A NEW YORK

Mesdames et messieurs, en vos rangs, grades et qualités, permettez-moi tout d'abord de féliciter madame Margarita Robles, en sa qualité de ministre de la Défense du Royaume de l'Espagne, ainsi que madame Sima Bahous, directrice exécutive de l'ONUFAM pour l'organisation de cette importante rencontre. Je salue la présence de madame la sous-secrétaire générale des Nations unies en charge de la consolidation et au soutien de la paix. Également, madame la représentante de l'Union africaine, que je salue au passage.

Je voudrais également, au nom de son Excellence, Basirou Diomaye Diakhar Faye, Président de la République du Sénégal et chef suprême des armées, par ailleurs, Président en exercice de la CEDEAO, rendre un hommage appuyé à toutes les femmes et les hommes casques bleus qui ont sacrifié leur vie ou qui portent aujourd'hui les séquelles de leur engagement au service de la paix et de la sécurité internationale. Mesdames et messieurs, le Sénégal est engagé dans les opérations de maintien de paix depuis 1960, notamment au Congo. Cette expérience longue de 66 ans nous conforte dans une conviction forte.

Les opérations de maintien de paix restent un instrument essentiel pour prévenir les crises et contribuer à la stabilité internationale. Mais pour être pleinement efficaces et légitimes, si non plus légitimes, ces opérations doivent pouvoir compter sur les femmes autant que sur les hommes, à tous les niveaux de responsabilité et de décision conformément à la résolution 1325 des Nations unies et aux résolutions qui l'ont suivie. A cet égard, l'expérience du Sénégal nous renseigne sur l'importance de deux leviers extrêmement importants.

Un engagement institutionnel fort et des partenariats efficaces. D'abord, sur le plan institutionnel, le Sénégal a élaboré son premier plan d'action national pour la mise en œuvre de la résolution 1325 dès 2011, avant de l'actualiser pour plus accélérer en 2020.

Cette dynamique a permis le développement d'une stratégie genre propre aux Forces armées en cohérence avec nos politiques nationales et nos engagements internationaux. Ces efforts traduisent une volonté politique claire. Faire de l'égalité des chances entre les femmes et les hommes une réalité au sein de nos institutions de défense et de sécurité.

Je voudrais rappeler qu'au Sénégal, il y a déjà une loi sur la parité, aussi bien au niveau du Parlement et de toutes les instances électives, les hommes et les femmes sont élus sur des listes paritaires. Une avancée majeure illustrant cette évolution au sein des armées. En avril 2023, une femme est promue générale pour la première fois dans l'histoire des Ar mées sénégalaises.

Un événement important. C'est un signal fort, mais nous savons que nous devons encore et nous pouvons aller plus loin. Ensuite, nous accordons une importance particulière aux partenariats.

A ce titre, les projets de fonds ELSI, mis en œuvre depuis juillet 2021, ont apporté une contribution importante à nos efforts. Ils nous ont permis de mieux comprendre les obstacles au déploiement des femmes militaires dans les opérations de paix, d'améliorer les infrastructures adaptées à leurs besoins et d'élargir le nombre de femmes susceptibles d'être déployées. Dans le domaine de la police et de la gendarmerie, le Sénégal a enregistré des résultats encourageant avec une unité à forte représentation féminine y compris des unités déjà dirigées par des femmes.

Toutefois, soyons lucides. Les efforts importants restent encore à accomplir. Aujourd'hui, les femmes représentent 7,33% de nos contingents militaires déployés alors que l'objectif pour 2026 est de 13%. Nous en sommes conscients.

Cet écart s’explique notamment par la faible présence des femmes dans les Forces armées en général et plus particulièrement dans les unités d'infanterie qui constituent une part importante de nos contingents envoyés en opération. Nous devons donc poursuivre nos efforts pour renforcer le recrutement, la formation et la participation des femmes aux missions opérationnelles.

Nous devons également consolider notre cadre juridique pour mieux prévenir et sanctionner les abus et l'exploitation sexuelle tout en veillant à mobiliser les ressources financières adaptées à la mise en œuvre de nos engagements internationaux. Mesdames et messieurs, pour conclure mon propos, cette dynamique institutionnelle et partenariat engagée et illustrée par le Sénégal peut par ma voix nous permettre ici, du haut de cette tribune, de renouveler l'engagement indéfectible du Sénégal à toujours faire mieux pour une meilleure participation des femmes dans le dispositif de défense et de sécurité. Nous sommes convaincus que l'agenda Femmes, Paix et Sécurité ne doit pas rester une simple déclaration d'intention.

Il doit se traduire par des résultats concrets, mesurables et durables autour des quatre piliers déjà connus, la prévention, la participation, la protection et le relèvement. A cette condition, nous pourrons garantir aux femmes toute leur place dans les Forces armées et dans les opérations de maintien de paix. Le Sénégal demeure pleinement engagé dans cette voie, convaincu que la participation effective des femmes renforce nos armées, améliore l'efficacité des opérations de paix et contribue à une sécurité internationale inclusive.

Je voudrais vous remercier de votre aimable attention.

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