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  • Monsieur le Chef d'Etat-Major général des Armées ;
  • Madame la Représentante d'ONU Femmes au Sénégal ;
  • Mesdames et Messieurs les Ambassadeurs et Représentants des missions diplomatiques ;
  • Messieurs les Officiers généraux,
  • Mesdames et Messieurs les Représentants des Agences du Système des Nations Unies ;
  • Madame la Directrice de l'Équité et de l'Égalité de Genre du Ministère de la Famille, de l’Action sociale et des Solidarités ;
  • Mesdames et Messieurs les Officiers supérieurs, Chefs de corps et Commandants d'école ;
  • Mesdames les points focaux genre des Forces de défense et de sécurité ;
  • Madame la conférencière ;
  • Mesdames et Messieurs les modérateurs et panélistes ;
  • Mesdames et Messieurs les représentants des organisations partenaires et du monde académique ;
  • Membres du comité de veille, Points focaux et Conseillers militaires genre ;
  • Distingués invités, Mesdames et Messieurs, en vos rangs, grades et qualités.

C'est avec un intérêt particulier que je prends part, ce matin, à l'ouverture de cette journée de réflexion consacrée à la Résolution 1325 du Conseil de sécurité des Nations Unies et aux perspectives de son appropriation au sein des Armées sénégalaises.

Cette rencontre intervient à un moment particulièrement significatif.

Il y a quelques jours à peine, je prenais part, à New York, aux échanges consacrés à l'évaluation de la mise en œuvre de l'agenda « Femmes, Paix et Sécurité ». Ces travaux ont rappelé l'importance des engagements pris par la communauté internationale et la nécessité de poursuivre leur traduction dans les politiques nationales de défense et de sécurité.

Je me réjouis, à cet égard, de voir les Armées sénégalaises prolonger cette réflexion internationale par une démarche institutionnelle qui associe le haut commandement, les responsables militaires, les partenaires et les acteurs engagés dans la promotion de cet agenda.

Je voudrais saluer l'initiative du Chef d'état-major général des Armées et féliciter l'ensemble des équipes qui ont contribué à l'organisation de cette conférence.

J'adresse également mes remerciements à ONU Femmes, aux représentants du système des Nations Unies et à nos partenaires institutionnels, dont l'accompagnement contribue à faire progresser cette ambition commune.

        Mesdames et Messieurs,

L'adoption de la Résolution 1325, le 31 octobre 2000, a constitué une avancée majeure dans l'histoire des efforts internationaux en faveur de la paix et de la sécurité.

En consacrant la participation des femmes aux processus de prévention et de règlement des conflits, ainsi que la nécessité de renforcer leur protection dans les situations de crise, le Conseil de sécurité a ouvert une nouvelle perspective dans la conception et la conduite des politiques de sécurité.

Cette évolution repose sur une réalité désormais largement reconnue : les conflits armés affectent profondément les sociétés, bouleversent les équilibres communautaires et exposent les populations à des formes de vulnérabilité qui appellent des réponses différenciées.

Les femmes, particulièrement exposées à certaines violences, jouent également un rôle déterminant dans la préservation du tissu social, la prévention des tensions, la médiation et la reconstruction des communautés.

Leur expérience, leur connaissance des réalités locales et leur capacité de mobilisation constituent des ressources précieuses pour les efforts de stabilisation et de consolidation de la paix.

La Résolution 1325 nous invite ainsi à enrichir notre compréhension de la sécurité, en accordant toute leur place aux dimensions humaines et sociales qui conditionnent la prévention des crises et la durabilité des solutions apportées aux conflits.

Pour le Sénégal, cette ambition trouve un écho particulier dans une tradition diplomatique et militaire profondément attachée au dialogue, à la coopération internationale et au règlement pacifique des différends.

Notre pays a inscrit son engagement dans l'agenda « Femmes, Paix et Sécurité » à travers l'adoption d'un Plan d'action national et sa participation constante aux initiatives internationales de promotion de la paix.

Les Forces armées sénégalaises prennent toute leur part à cet effort, à travers leurs engagements opérationnels, leur contribution aux missions internationales et les évolutions engagées dans leur organisation et leurs pratiques professionnelles.

        Mesdames et Messieurs,

Le thème retenu pour cette conférence, « Bilan, Défis et Perspectives », nous appelle à porter un regard lucide sur le chemin parcouru et sur les responsabilités qui nous attendent.

Le bilan fait apparaître des progrès encourageants.

L'intégration progressive des femmes au sein des Armées sénégalaises a ouvert de nouvelles perspectives professionnelles et contribué à faire évoluer la physionomie de notre institution militaire.

Longtemps concentrée dans certaines spécialités, notamment celles du service de santé des Armées, leur présence s'est progressivement étendue à d'autres domaines d'activité, y compris aux fonctions opérationnelles et aux responsabilités de commandement.

Cette évolution témoigne de la capacité de nos Armées à accompagner les transformations de la société sénégalaise tout en préservant les principes fondamentaux qui gouvernent l'état militaire.

Elle traduit également une conviction que je souhaite réaffirmer avec force : la compétence, le mérite, la discipline et le sens du devoir constituent les fondements de la valeur militaire.

Ces exigences doivent guider notre politique de ressources humaines et permettre à chaque militaire, femme ou homme, de développer pleinement son potentiel au service de la Nation.

Les progrès accomplis nous encouragent à poursuivre les efforts engagés.

Car des défis subsistent.

Ils concernent notamment les conditions d'accès à certaines qualifications, la progression vers les responsabilités, l'adaptation des infrastructures et des conditions de service, ainsi que la prévention des discriminations et des violences fondées sur le genre.

Ils concernent également la nécessité de faire évoluer durablement les perceptions et les pratiques, afin que l'équité trouve sa traduction dans le fonctionnement quotidien de nos institutions.

Ces questions appellent une action cohérente, conduite dans la durée, avec le discernement qu'exigent les réalités de l'organisation militaire.

Monsieur le Chef d'état-major général des Armées,

Mesdames et Messieurs,

Les perspectives qui s'ouvrent devant nous doivent être appréciées à la lumière des transformations profondes de notre environnement stratégique.

Les crises contemporaines se caractérisent par leur complexité, l'imbrication des facteurs de violence et l'exposition croissante des populations civiles.

Les opérations de paix exigent, dans ces conditions, des forces capables de conjuguer la maîtrise des savoir-faire militaires avec une compréhension approfondie des environnements humains dans lesquels elles interviennent.

La prise en compte de la dimension genre participe directement à cette exigence.

Elle contribue à améliorer l'analyse des situations, à mieux identifier les besoins de protection des populations, à renforcer les relations de confiance avec les communautés et à adapter les réponses opérationnelles aux réalités du terrain.

Cette approche prend une importance particulière pour un pays comme le Sénégal, dont les Forces armées disposent d'une longue expérience des opérations de maintien de la paix.

Nos militaires, femmes et hommes, ont acquis au fil de leurs engagements une connaissance précieuse des exigences de la protection des civils, du respect du droit international humanitaire et de la conduite des missions dans des environnements complexes.

Il nous appartient de capitaliser cette expérience et d'en tirer les enseignements nécessaires pour renforcer la préparation de nos forces.

Dans cette perspective, la participation des femmes militaires aux opérations doit s'accompagner de possibilités effectives de formation, de qualification et d'emploi, conformément aux exigences des missions et aux aptitudes professionnelles.

L'ambition que nous portons est celle d'une institution capable de mobiliser l'ensemble de ses compétences et d'en assurer l'emploi le plus pertinent.

La qualité de notre outil de défense dépend de la valeur de ses personnels, de la cohésion de ses unités et de sa capacité à mettre toutes les compétences disponibles au service de l'efficacité collective.

C'est dans cet esprit que nous devons poursuivre l'appropriation de l'agenda « Femmes, Paix et Sécurité ».

        Mesdames et Messieurs,

Les initiatives engagées au sein des Armées sénégalaises constituent une base encourageante pour approfondir cette dynamique.

La mise en place de structures dédiées aux questions de genre, le développement des actions de formation et de sensibilisation, ainsi que les travaux conduits dans le cadre de l'évaluation MOWIP témoignent d'une volonté de mieux identifier les obstacles à la participation des femmes et de définir des réponses adaptées.

Le plan d'actions issu de cette évaluation offre, à cet égard, un cadre utile pour organiser les efforts et en apprécier progressivement les résultats.

Je souhaite que cette démarche continue de s'inscrire dans une vision d'ensemble, articulant les orientations nationales, les exigences du service et les engagements internationaux du Sénégal.

Le Ministère des Forces armées y accordera toute l'attention nécessaire, en liaison avec l'État-major général des Armées et les structures compétentes.

Cette volonté devra également se traduire par le renforcement de la coopération avec les autres Forces de défense et de sécurité, les institutions nationales concernées et nos partenaires internationaux.

La mise en œuvre de l'agenda « Femmes, Paix et Sécurité » appelle, en effet, une mobilisation collective, fondée sur la complémentarité des responsabilités, le partage des expériences et la continuité des efforts.

À cet égard, je voudrais souligner l'importance du partenariat avec ONU Femmes et l'ensemble des organismes qui accompagnent le Sénégal dans la réalisation de ses engagements.

La qualité de cette coopération constitue un atout que nous entendons préserver et approfondir.

        Mesdames et Messieurs,

La conférence qui s'ouvre aujourd'hui doit nous permettre de confronter nos expériences, d'examiner avec rigueur les acquis et les insuffisances, et d'identifier les voies d'une appropriation toujours plus effective de la Résolution 1325.

J'attends de ces travaux qu'ils contribuent à dégager des recommandations pertinentes, réalistes et adaptées aux spécificités de nos Forces armées.

Je souhaite particulièrement que les réflexions portent sur les conditions d'une meilleure participation des femmes à la vie militaire, sur l'intégration de la dimension genre dans les activités opérationnelles et sur les mécanismes permettant de mesurer les progrès accomplis.

La présence, parmi nous, de responsables militaires, de spécialistes, d'universitaires et de représentants d'organisations partenaires offre un cadre propice à des échanges féconds.

Je voudrais, à cet égard, remercier Madame la Docteure Ndèye Amy NDIAYE, qui assurera la conférence inaugurale, ainsi que les modérateurs et les panélistes qui animeront les différentes séquences de cette rencontre.

Je forme le vœu que leurs contributions enrichissent notre réflexion et permettent de dégager des perspectives concrètes pour l'avenir.

Distingués invités,

Mesdames et Messieurs,

La paix et la sécurité constituent des biens précieux, dont la préservation exige la mobilisation de toutes les forces vives de la Nation.

En consacrant une place accrue aux femmes dans les politiques de prévention des conflits, de protection et de consolidation de la paix, nous contribuons à renforcer la qualité de notre action collective et la solidité de nos institutions.

Cette ambition rejoint les valeurs auxquelles le Sénégal demeure profondément attaché : le respect de la dignité humaine, la justice, la solidarité et le sens du bien commun.

Elle trouve, au sein des Armées, une expression particulière dans notre attachement au mérite, à la discipline, à la cohésion et au service désintéressé au profit de la Nation.

Je voudrais, pour terminer, réaffirmer la détermination du Ministère des Forces armées à accompagner les initiatives destinées à renforcer l'appropriation de la Résolution 1325 et à promouvoir une participation toujours plus effective des femmes aux missions de défense et de sécurité.

Je suis convaincu que les réflexions engagées aujourd'hui contribueront à faire progresser cette ambition et à conforter la place du Sénégal parmi les nations résolument engagées en faveur de la paix et de la sécurité internationales.

En vous souhaitant des échanges fructueux, je déclare ouverts les travaux de la conférence consacrée à « La Résolution 1325 du Conseil de sécurité des Nations Unies : Bilan, Défis et Perspectives ».

        Vive les Forces armées sénégalaises !

        Vive le Sénégal !

        Je vous remercie de votre aimable attention.

 

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